La procédure de secours (PDS) est le geste qui permet de se séparer d’une voile principale défaillante et d’ouvrir sa voile de secours. On l’exécute quand l’ouverture ne se passe pas comme prévu. Un incident reste rare — de l’ordre d’un saut sur 1 000 — et la réponse n’est pas une improvisation : c’est un automatisme entraîné au sol, jusqu’à ce qu’il devienne réflexe. Voici quand la déclencher, comment, et comment reconnaître les différents incidents.
Le principe : décider tôt
La règle d’or tient en une phrase : une décision rapide, c’est plus de hauteur, plus de temps et plus de sécurité. Un incident peut survenir à l’ouverture comme sous voile. Dans tous les cas, on effectue une procédure complète, avec un geste énergique — jamais un geste à moitié.
Bonne nouvelle : la PDS fonctionne dans n’importe quelle position, même à plat ou sur le dos. C’est pour cela qu’on la répète au sol, encore et encore. Le message que nous martelons à l’école : ne pas avoir peur de faire une procédure de secours. La répétition mène à l’automatisation, et l’automatisation à la sérénité.
Rappel : les signes d’une bonne ouverture
Avant de parler d’incident, il faut savoir reconnaître une voile correctement ouverte. Dès que la voile est ouverte — le déclenchement se fait entre 1 700 et 1 500 m, l’ouverture complète environ 3 secondes plus tard — vous contrôlez :
| Signe | Ce que vous vérifiez |
|---|---|
| La voile | Étalée en rectangle, bien au-dessus de la tête |
| Les suspentes | Tendues et claires (non emmêlées) |
| Le glisseur | Descendu en bas des suspentes |
| Le vol | Droit, stable, calme et silencieux (par contraste avec le bruit de la chute) |
| La mise en œuvre | Je peux faire ma mise en œuvre : la voile répond aux commandes, elle est pilotable |
Si l’un de ces signes manque, on entre dans l’analyse de l’incident. Pour comprendre le rôle de chaque voilure, voyez notre article sur la voilure de secours.
Les imperfections d’ouverture (incidents mineurs)
Certaines anomalies se corrigent, tant que la voile reste pilotable. On tente de les résoudre par la mise en œuvre (des coups de freins), mais toujours dans une limite raisonnable :
| Anomalie | Conduite |
|---|---|
| Les torsades (fréquentes) | Écarter les élévateurs et faire des ciseaux de jambes pour dévriller (pas de mise en œuvre) |
| Le glisseur haut | 2 à 3 mises en œuvre max (coups de freins) pour le faire descendre |
| Caissons extérieurs non gonflés | 2 à 3 mises en œuvre max pour les regonfler |
| Ligne ou extracteur dans le bord d’attaque | Tester la voile, n’engager aucun virage marqué (se limiter à 90°) |
Si l’anomalie ne se corrige pas — ou si l’incident est d’emblée plus grave — on bascule vers la décision de secours.
Les incidents majeurs : deux grandes catégories
Quand la voile n’est pas exploitable, deux situations se distinguent — et la conduite dépend de l’une ou de l’autre :
1. Je suis toujours en chute (ou pas freiné) → urgence absolue
Si la voile ne vous freine pas, il n’y a pas de temps à perdre : procédure de secours immédiate. Quelques cas concrets :
| Cas | Conduite |
|---|---|
| Extracteur introuvable | 1 à 2 tentatives si vous êtes au-dessus de 1 000 m, sinon PDS |
| Poignée dure | 1 à 2 tentatives au-dessus de 1 000 m, sinon PDS |
| Extracteur jeté mais rien ne se passe | PDS |
2. Je suis freiné mais la voile vole mal → 1 à 2 tentatives
Si vous êtes freiné mais que la voile tourne, balance ou reste instable :
| Type d’anomalie | Conduite |
|---|---|
| Rotations lentes | 1 à 2 tentatives pour résoudre le problème (mise en œuvre), sinon PDS |
| Rotations rapides | PDS directe |
Repère d’altitude : entre 800 et 700 m, vous devez être sous une voile claire — principale ou de secours. En dessous, il est trop tard pour tenter de résoudre un incident : la procédure de secours doit déjà être faite.
Les cas particuliers
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Commande cassée ou bloquée | PDS |
| Suspente cassée (même une seule) | PDS |
| Déchirure de la voile | Grosse déchirure → PDS ; au moindre doute → PDS |
| Accroché à l’avion | Cas rare ; une fois libéré → PDS |
| Pied ou bras dans les suspentes | On tente de se dégager ; si toujours coincé → PDS vers 400 m |
| Sous deux voiles côte à côte | Pilotage tout en douceur, aux demi-freins de la voile principale |
| Bi-plan (voiles l’une derrière l’autre) | Pilotage aux demi-freins de la principale |
| Miroir (voiles face à face) | On freine la principale pour qu’elle se replace au-dessus de la tête |
Le geste, dans l’ordre
La procédure de secours respecte toujours le même ordre — une poignée à droite, puis une poignée à gauche :
- Regardez et saisissez la poignée de libération (à droite), à deux mains, l’une par-dessus l’autre.
- Portez le regard sur la poignée de secours (à gauche) et arrachez le velcro de la poignée de libération d’un mouvement de rotation des mains.
- Tirez la poignée de libération à fond, à bout de bras, d’un mouvement franc vers le nombril, puis lâchez-la.
- Saisissez et tirez la poignée de secours, à fond et à bout de bras.
Les quatre consignes qui font la différence : respecter l’ordre, garder le visuel sur les poignées, faire des gestes amples vers le bas, et aller du début à la fin sans s’arrêter. La voile de secours s’ouvre vite (100 à 200 m). Un dispositif d’activation automatique (DAA) équipe par ailleurs les parachutes en secours de dernier recours.
L’évacuation d’urgence de l’avion
Rare, mais connue de tous, l’évacuation d’urgence dépend de la hauteur au moment où elle est décidée :
| Hauteur | Conduite |
|---|---|
| 0 à 300 m | Position de sécurité (on reste dans l’avion) |
| 300 à 1 000 m | Ouverture directe de la voile de secours |
| Au-dessus de 1 000 m | Procédure normale, en surveillant son altimètre |
Les hauteurs de décision
Deux repères encadrent toute la sécurité sous voile :
| Repère | Signification |
|---|---|
| 800–700 m | Vous devez être sous une voile claire (principale ou de secours) |
| 400 m | Plancher de décision. Une PDS reste théoriquement possible jusque-là, mais y arriver signifie une décision trop tardive — on décide toujours plus haut |
Cette procédure est propre à la gestion d’un incident par un parachutiste autonome. Elle est différente de la question « que se passe-t-il si un parachute ne s’ouvre pas ? », qui aborde la sécurité du saut du point de vue du passager en tandem.
Ce qu’il faut retenir
- Un incident majeur impose la PDS ; les imperfections mineures se corrigent en 2 à 3 mises en œuvre max.
- On décide tôt : chute non freinée = urgence absolue ; freiné mais anormal = 1 à 2 tentatives.
- Le geste : poignée droite (libération) → poignée gauche (secours), sans s’arrêter.
- Repères : entre 800 et 700 m sous une voile claire, 400 m plancher de décision.
La procédure de secours est le socle de sécurité de tout parachutiste autonome. Pour reprendre l’ensemble du déroulement d’un saut, de la sortie au posé :
Revoir l’ensemble Réviser sa PAC : le déroulement d’un saut, de la sortie au poséRevoyez aussi le pilotage sous voile et le circuit PTU, et découvrez comment se former avec le stage PAC.
Questions fréquentes sur la procédure de secours
Qu’est-ce que la PDS en parachutisme ?
La PDS (procédure de secours) est la manœuvre qui consiste à se séparer d’une voile principale défaillante, en tirant la poignée de libération, puis à ouvrir sa voile de secours avec la seconde poignée. Elle s’exécute dans l’ordre — droite puis gauche — sans s’arrêter, dans n’importe quelle position.
À quelle fréquence un parachute s’ouvre-t-il mal ?
Un incident d’ouverture nécessitant une procédure de secours survient environ une fois sur 1 000 sauts. C’est rare, mais c’est justement pour cette raison qu’on entraîne le geste au sol jusqu’à l’automatisme : le jour où il faut agir, la réponse est déjà un réflexe.
À quelle altitude déclenche-t-on la procédure de secours ?
Le plus tôt possible. Entre 800 et 700 m, vous devez déjà être sous une voile claire — principale ou de secours. Le plancher de décision est fixé à 400 m : une PDS reste possible jusque-là, mais y arriver signifie que la décision a été trop tardive. On décide toujours plus haut, dès que l’incident est identifié.
Que sont les torsades et faut-il faire une PDS ?
Les torsades sont un vrillage des suspentes fréquent à l’ouverture. Elles ne demandent pas de procédure de secours : on écarte les élévateurs et on fait des ciseaux de jambes pour dévriller. Si l’incident persiste, ou si la voile tourne vite et reste inexploitable, on passe à la PDS — vous devez être sous une voile claire entre 800 et 700 m.
Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.