Parachutiste répétant la procédure de secours, mains sur les poignées de libération et de secours
Parachutisme

La procédure de secours (PDS) : gérer un incident sous voile

Par , chef moniteur — formateur FFP Mis à jour le 10 juillet 2026 8 min de lecture 1 491 mots

La procédure de secours (PDS) est le geste qui permet de se séparer d’une voile principale défaillante et d’ouvrir sa voile de secours. On l’exécute quand l’ouverture ne se passe pas comme prévu. Un incident reste rare — de l’ordre d’un saut sur 1 000 — et la réponse n’est pas une improvisation : c’est un automatisme entraîné au sol, jusqu’à ce qu’il devienne réflexe. Voici quand la déclencher, comment, et comment reconnaître les différents incidents.

Le principe : décider tôt

La règle d’or tient en une phrase : une décision rapide, c’est plus de hauteur, plus de temps et plus de sécurité. Un incident peut survenir à l’ouverture comme sous voile. Dans tous les cas, on effectue une procédure complète, avec un geste énergique — jamais un geste à moitié.

Bonne nouvelle : la PDS fonctionne dans n’importe quelle position, même à plat ou sur le dos. C’est pour cela qu’on la répète au sol, encore et encore. Le message que nous martelons à l’école : ne pas avoir peur de faire une procédure de secours. La répétition mène à l’automatisation, et l’automatisation à la sérénité.

Rappel : les signes d’une bonne ouverture

Avant de parler d’incident, il faut savoir reconnaître une voile correctement ouverte. Dès que la voile est ouverte — le déclenchement se fait entre 1 700 et 1 500 m, l’ouverture complète environ 3 secondes plus tard — vous contrôlez :

SigneCe que vous vérifiez
La voileÉtalée en rectangle, bien au-dessus de la tête
Les suspentesTendues et claires (non emmêlées)
Le glisseurDescendu en bas des suspentes
Le volDroit, stable, calme et silencieux (par contraste avec le bruit de la chute)
La mise en œuvreJe peux faire ma mise en œuvre : la voile répond aux commandes, elle est pilotable

Si l’un de ces signes manque, on entre dans l’analyse de l’incident. Pour comprendre le rôle de chaque voilure, voyez notre article sur la voilure de secours.

Les imperfections d’ouverture (incidents mineurs)

Certaines anomalies se corrigent, tant que la voile reste pilotable. On tente de les résoudre par la mise en œuvre (des coups de freins), mais toujours dans une limite raisonnable :

AnomalieConduite
Les torsades (fréquentes)Écarter les élévateurs et faire des ciseaux de jambes pour dévriller (pas de mise en œuvre)
Le glisseur haut2 à 3 mises en œuvre max (coups de freins) pour le faire descendre
Caissons extérieurs non gonflés2 à 3 mises en œuvre max pour les regonfler
Ligne ou extracteur dans le bord d’attaqueTester la voile, n’engager aucun virage marqué (se limiter à 90°)

Si l’anomalie ne se corrige pas — ou si l’incident est d’emblée plus grave — on bascule vers la décision de secours.

Les incidents majeurs : deux grandes catégories

Quand la voile n’est pas exploitable, deux situations se distinguent — et la conduite dépend de l’une ou de l’autre :

Arbre de décision — procédure de secours L’ouverture ne se passe pas comme prévu Je suis en chute / pas freiné Rotation rapide, voile inexploitable Je suis freiné mais vole mal Rotation lente, balancement URGENCE ABSOLUE Agir immédiatement 1 à 2 tentatives pour résorber (mise en œuvre) si échec PROCÉDURE DE SECOURS à une hauteur suffisante
Le raisonnement : freiné ou non ? Une rotation rapide impose la PDS immédiate ; une anomalie lente autorise 1 à 2 tentatives.

1. Je suis toujours en chute (ou pas freiné) → urgence absolue

Si la voile ne vous freine pas, il n’y a pas de temps à perdre : procédure de secours immédiate. Quelques cas concrets :

CasConduite
Extracteur introuvable1 à 2 tentatives si vous êtes au-dessus de 1 000 m, sinon PDS
Poignée dure1 à 2 tentatives au-dessus de 1 000 m, sinon PDS
Extracteur jeté mais rien ne se passePDS

2. Je suis freiné mais la voile vole mal → 1 à 2 tentatives

Si vous êtes freiné mais que la voile tourne, balance ou reste instable :

Type d’anomalieConduite
Rotations lentes1 à 2 tentatives pour résoudre le problème (mise en œuvre), sinon PDS
Rotations rapidesPDS directe

Repère d’altitude : entre 800 et 700 m, vous devez être sous une voile claire — principale ou de secours. En dessous, il est trop tard pour tenter de résoudre un incident : la procédure de secours doit déjà être faite.

Les cas particuliers

SituationConduite
Commande cassée ou bloquéePDS
Suspente cassée (même une seule)PDS
Déchirure de la voileGrosse déchirure → PDS ; au moindre doute → PDS
Accroché à l’avionCas rare ; une fois libéré → PDS
Pied ou bras dans les suspentesOn tente de se dégager ; si toujours coincé → PDS vers 400 m
Sous deux voiles côte à côtePilotage tout en douceur, aux demi-freins de la voile principale
Bi-plan (voiles l’une derrière l’autre)Pilotage aux demi-freins de la principale
Miroir (voiles face à face)On freine la principale pour qu’elle se replace au-dessus de la tête

Le geste, dans l’ordre

La procédure de secours respecte toujours le même ordre — une poignée à droite, puis une poignée à gauche :

  1. Regardez et saisissez la poignée de libération (à droite), à deux mains, l’une par-dessus l’autre.
  2. Portez le regard sur la poignée de secours (à gauche) et arrachez le velcro de la poignée de libération d’un mouvement de rotation des mains.
  3. Tirez la poignée de libération à fond, à bout de bras, d’un mouvement franc vers le nombril, puis lâchez-la.
  4. Saisissez et tirez la poignée de secours, à fond et à bout de bras.

Les quatre consignes qui font la différence : respecter l’ordre, garder le visuel sur les poignées, faire des gestes amples vers le bas, et aller du début à la fin sans s’arrêter. La voile de secours s’ouvre vite (100 à 200 m). Un dispositif d’activation automatique (DAA) équipe par ailleurs les parachutes en secours de dernier recours.

L’évacuation d’urgence de l’avion

Rare, mais connue de tous, l’évacuation d’urgence dépend de la hauteur au moment où elle est décidée :

HauteurConduite
0 à 300 mPosition de sécurité (on reste dans l’avion)
300 à 1 000 mOuverture directe de la voile de secours
Au-dessus de 1 000 mProcédure normale, en surveillant son altimètre

Les hauteurs de décision

Deux repères encadrent toute la sécurité sous voile :

RepèreSignification
800–700 mVous devez être sous une voile claire (principale ou de secours)
400 mPlancher de décision. Une PDS reste théoriquement possible jusque-là, mais y arriver signifie une décision trop tardive — on décide toujours plus haut

Cette procédure est propre à la gestion d’un incident par un parachutiste autonome. Elle est différente de la question « que se passe-t-il si un parachute ne s’ouvre pas ? », qui aborde la sécurité du saut du point de vue du passager en tandem.

Ce qu’il faut retenir

  • Un incident majeur impose la PDS ; les imperfections mineures se corrigent en 2 à 3 mises en œuvre max.
  • On décide tôt : chute non freinée = urgence absolue ; freiné mais anormal = 1 à 2 tentatives.
  • Le geste : poignée droite (libération) → poignée gauche (secours), sans s’arrêter.
  • Repères : entre 800 et 700 m sous une voile claire, 400 m plancher de décision.

La procédure de secours est le socle de sécurité de tout parachutiste autonome. Pour reprendre l’ensemble du déroulement d’un saut, de la sortie au posé :

Revoir l’ensemble Réviser sa PAC : le déroulement d’un saut, de la sortie au posé

Revoyez aussi le pilotage sous voile et le circuit PTU, et découvrez comment se former avec le stage PAC.

Questions fréquentes sur la procédure de secours

Qu’est-ce que la PDS en parachutisme ?

La PDS (procédure de secours) est la manœuvre qui consiste à se séparer d’une voile principale défaillante, en tirant la poignée de libération, puis à ouvrir sa voile de secours avec la seconde poignée. Elle s’exécute dans l’ordre — droite puis gauche — sans s’arrêter, dans n’importe quelle position.

À quelle fréquence un parachute s’ouvre-t-il mal ?

Un incident d’ouverture nécessitant une procédure de secours survient environ une fois sur 1 000 sauts. C’est rare, mais c’est justement pour cette raison qu’on entraîne le geste au sol jusqu’à l’automatisme : le jour où il faut agir, la réponse est déjà un réflexe.

À quelle altitude déclenche-t-on la procédure de secours ?

Le plus tôt possible. Entre 800 et 700 m, vous devez déjà être sous une voile claire — principale ou de secours. Le plancher de décision est fixé à 400 m : une PDS reste possible jusque-là, mais y arriver signifie que la décision a été trop tardive. On décide toujours plus haut, dès que l’incident est identifié.

Que sont les torsades et faut-il faire une PDS ?

Les torsades sont un vrillage des suspentes fréquent à l’ouverture. Elles ne demandent pas de procédure de secours : on écarte les élévateurs et on fait des ciseaux de jambes pour dévriller. Si l’incident persiste, ou si la voile tourne vite et reste inexploitable, on passe à la PDS — vous devez être sous une voile claire entre 800 et 700 m.

Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.

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