Altimètre de poignet pour parachutiste — indique l'altitude en mètres pendant la chute libre
Parachutisme

L’altimètre de parachutisme, c’est quoi ?

Par , chef moniteur — formateur FFP Mis à jour le 10 juin 2026 7 min de lecture 1 271 mots

L’altimètre est l’instrument qui indique au parachutiste son altitude — autrement dit, la hauteur qui le sépare du sol. C’est un équipement de sécurité fondamental : en chute libre, c’est lui qui dit quand il est temps d’ouvrir. Savoir lire son altimètre en permanence est l’un des tout premiers réflexes enseignés. Voici comment il fonctionne, les différents types qui existent et comment on l’utilise.

Le rôle de l’altimètre

En chute libre, on descend à environ 200 km/h : chaque seconde compte. L’altimètre permet de :

  • Savoir quand ouvrir : déclencher la voile à l’altitude prévue, ni trop haut, ni trop bas.
  • Gérer la chute : pour un groupe, savoir à quelle hauteur se séparer pour s’écarter avant l’ouverture.
  • Piloter l’approche sous voile : juger les hauteurs pendant la descente et le circuit d’atterrissage.

La « conscience de l’altitude » — vérifier son altimètre régulièrement, par réflexe — est l’un des fondamentaux de la sécurité en parachutisme. C’est une habitude que l’on travaille dès les premiers sauts.

Comment fonctionne un altimètre ?

Un altimètre de parachutisme est avant tout un baromètre : il mesure la pression atmosphérique, qui diminue à mesure que l’on monte. À partir de cette pression, il calcule la hauteur. Avant chaque saut, on le remet à zéro au sol (sur la zone de saut), pour qu’il indique bien la hauteur au-dessus du terrain et non l’altitude réelle au-dessus de la mer.

Selon la technologie, la mesure se fait par une capsule mécanique (qui se dilate avec la pression) ou par un capteur électronique. C’est ce qui distingue les grandes familles d’altimètres.

Les types d’altimètre

L’altimètre analogique (mécanique, à aiguille)

C’est l’altimètre « classique » : un cadran à aiguille, animé par un mouvement mécanique de précision. Le français Viplo FT50 en est l’exemple emblématique — boîtier aluminium, cadran anti-reflet, livré avec sa fiche individuelle d’étalonnage, réglé pour 4 000 mètres. Son grand atout : il ne nécessite aucune pile et offre une lecture instantanée, très lisible. C’est un favori des écoles de parachutisme pour sa robustesse et sa simplicité.

L’altimètre numérique (électronique, visuel)

Ici, un affichage digital remplace l’aiguille. Le Viso II+ de Larsen & Brusgaard, par exemple, affiche l’altitude (ou la vitesse verticale), dispose d’un rétroéclairage pour les sauts de nuit, et enregistre un véritable carnet de sauts : il mémorise les 200 derniers sauts avec l’altitude de sortie, l’altitude d’ouverture, le temps de chute et les vitesses maximales. Pratique pour suivre et analyser sa progression.

L’altimètre sonore (audible)

L’altimètre sonore se porte dans le casque, près de l’oreille. Il émet des bips à des altitudes préréglées pour alerter le parachutiste. L’Optima II de Larsen & Brusgaard propose par exemple 3 alarmes réglables (les deux premières en tonalités pulsées, la troisième en sirène aiguë), avec des réglages de volume distincts pour la chute libre et le vol sous voile.

⚠️ Important : le sonore est un complément, pas un remplacement. Il rappelle les altitudes clés, mais le parachutiste garde toujours un altimètre visuel et ses propres repères. La plupart des constructeurs le rappellent explicitement.

Comment lit-on un altimètre à aiguille ?

Sur un altimètre analogique, le cadran est souvent divisé en zones de couleur qui aident à réagir vite, sans avoir à lire un chiffre précis : une large zone correspond aux altitudes de chute libre, une zone intermédiaire annonce l’approche de la hauteur d’ouverture, et une zone basse signale qu’on est trop bas. D’un seul coup d’œil, le parachutiste situe instantanément sa hauteur. C’est l’une des forces de l’aiguille : l’information est immédiate, presque instinctive.

Où porte-t-on l’altimètre ?

L’altimètre visuel (analogique ou numérique) se porte le plus souvent au poignet ou sur le dos de la main, via une sangle élastique, pour une lecture d’un simple coup d’œil. L’altimètre sonore, lui, se glisse dans un logement du casque. Beaucoup de parachutistes combinent les deux — un visuel + un sonore — pour une conscience de l’altitude complète et une redondance bienvenue.

Pourquoi avoir plusieurs altimètres ?

Beaucoup de parachutistes expérimentés portent au moins deux altimètres : un visuel (au poignet) et un sonore (au casque). L’intérêt est double — la redondance (si l’un est mal lu ou défaillant, l’autre prend le relais) et la complémentarité (le sonore prévient même quand on ne regarde pas son poignet, par exemple en plein mouvement). En vol sous voile, certains ajoutent même des alarmes d’approche d’atterrissage. Plus on dispose de repères d’altitude fiables, mieux c’est.

L’altimètre en stage PAC et en tandem

En stage PAC, apprendre à lire son altimètre et à réagir aux bonnes hauteurs est un objectif central des premiers sauts : c’est ce qui conditionne une ouverture au bon moment. L’élève porte un altimètre visuel et l’utilise en permanence.

En saut en tandem, c’est le moniteur qui surveille l’altitude et déclenche l’ouverture au bon moment. Le passager n’a aucune lecture à gérer — on lui remet parfois un petit altimètre, mais uniquement pour le plaisir de suivre la chute.

Altimètre et déclencheur de sécurité : à ne pas confondre

L’altimètre informe le parachutiste ; il n’ouvre rien tout seul. Ne le confondez pas avec le déclencheur automatique (DAA), qui, lui, agit : il ouvre automatiquement la voile de secours si le parachutiste n’a pas réagi à une altitude critique. Les deux mesurent l’altitude, mais l’un est un instrument de lecture, l’autre un filet de sécurité automatique.

Précision et entretien

Un altimètre se vérifie : on contrôle qu’il indique bien zéro au sol avant le saut, et les modèles mécaniques sont fournis avec une fiche d’étalonnage. Les altimètres électroniques (visuels et sonores) fonctionnent sur pile : il faut surveiller leur niveau de charge. Comme tout instrument, un altimètre qui donnerait des valeurs douteuses est contrôlé ou remplacé.

Les autres équipements du parachutiste

Questions fréquentes sur l’altimètre

Quelle est la différence entre un altimètre et un DAA ?

L’altimètre affiche l’altitude pour que le parachutiste décide quand ouvrir : c’est un instrument de lecture. Le DAA (déclencheur automatique) ouvre la voile de secours tout seul si le parachutiste n’a pas réagi à temps : c’est un dispositif de sécurité automatique. Les deux sont complémentaires.

Analogique ou numérique : lequel choisir ?

L’analogique (à aiguille, comme le Viplo FT50) est robuste, lisible et fonctionne sans pile — d’où sa popularité en école. Le numérique (comme le Viso II+) ajoute le carnet de sauts, le rétroéclairage et l’affichage de la vitesse. Beaucoup de parachutistes ajoutent en plus un altimètre sonore dans le casque pour une sécurité maximale.

En tandem, ai-je besoin d’un altimètre ?

Non. En saut en tandem, c’est le moniteur qui gère l’altitude et l’ouverture. Vous n’avez aucune lecture à faire — juste à profiter de la chute libre puis du vol sous voile.

À quelle altitude ouvre-t-on le parachute ?

Cela dépend du niveau : les élèves ouvrent plus haut pour disposer d’une plus grande marge, les parachutistes confirmés plus bas. Dans tous les cas, c’est l’altimètre — et, en dernier recours, le DAA — qui borne ces hauteurs. En tandem, c’est le moniteur qui déclenche l’ouverture au bon moment ; vous n’avez rien à surveiller.

Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.

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