Le circuit PTU (prise de terrain en U) est le trajet en forme de U que suit un parachutiste pour organiser son atterrissage et se poser face au vent. Il enchaîne trois branches : le vent arrière, la base, puis la finale. Son but est simple : limiter les risques de collision avec les autres voiles et arriver au sol à la vitesse la plus faible possible. Voici comment piloter sa voile, naviguer avec le vent et dérouler ce circuit jusqu’au posé.
Comment vole une voile
Une voile de parachute est une aile. Grâce à la différence de longueur entre les suspentes avant et arrière, elle prend un profil : l’air crée une surpression sous l’intrados et une dépression sur l’extrados, ce qui génère la portance. Retenez une chose : une voile vole parce qu’elle a de la vitesse. Sans vitesse, elle décroche.
Deux chiffres décrivent ce vol : une vitesse horizontale d’environ 8 m/s et une vitesse verticale d’environ 4 m/s. Le rapport des deux donne la finesse : ici une finesse de 2, soit environ 3 km parcourus en avançant pour 1,5 km de descente.
Le pilotage : deux commandes
Tout le pilotage tient dans deux commandes, une par main :
| Action sur les commandes | Effet sur la voile |
|---|---|
| Tirer à droite | La voile tourne à droite |
| Tirer à gauche | La voile tourne à gauche |
| Tirer sur les deux | La voile se redresse et freine |
| Bras hauts | La voile file droit, sans frein : c’est la position neutre |
Attention : un virage fort provoque un gros enfoncement et une perte de hauteur rapide. Près du sol, on proscrit les virages engagés. Méfiez-vous aussi de l’abattée : quand on relâche les freins, la voile plonge vers l’avant pour reprendre sa vitesse. C’est un mouvement à proscrire près du sol, où il ferait perdre de la hauteur au plus mauvais moment.
Naviguer avec le vent
Le vent modifie votre vitesse réelle et votre trajectoire. C’est le paramètre n°1 à anticiper :
| Situation | Effet | Conduite |
|---|---|---|
| Vent de face | Ralentissement | On avance moins vite par rapport au sol |
| Vent dans le dos | Accélération | On file plus vite au sol |
| Vent de travers | Dérive sur le côté | On navigue « en crabe » pour aller droit |
La priorité, dès l’ouverture, est de tester le vent : on se place terrain dans le dos pour sentir sa force et sa direction. C’est ce test qui détermine tout votre plan de navigation et l’orientation de votre circuit.
La zone d’évolution et le point de rendez-vous
Après l’ouverture, vous rejoignez votre zone d’évolution : une zone proche du terrain, située au vent de celui-ci, où vous gérez votre hauteur en attendant votre créneau. Elle sert à s’étager par rapport aux autres voiles, et votre navigation s’y adapte au vent :
| Conditions | Navigation dans la zone |
|---|---|
| Vent faible | J’avance : je suis plutôt libre de naviguer dans la zone |
| Vent fort | Je fais du sur-place ou je recule : je reste face au vent pour limiter la dérive et je me rapproche progressivement du point de rendez-vous |
De là, vous ralliez le point de rendez-vous, vers 300 m : c’est l’entrée du circuit d’atterrissage. Il est bien identifiable et lié à cette hauteur. Arrivé plus haut ou plus bas que prévu, on adapte la longueur de son circuit en conséquence. En dessous, on ne cherche plus à naviguer loin : on déroule le circuit.
Le circuit PTU, branche par branche
| Branche | Rôle |
|---|---|
| 1. Le vent arrière | On descend avec le vent (dos au vent), parallèlement à l’axe de posé, en surveillant sa hauteur |
| 2. La base | Branche transversale : on traverse pour rejoindre l’axe de la zone de posé |
| 3. La finale | Dernier segment, face au vent, aligné sur la zone de posé |
La longueur du circuit s’adapte au vent : circuit long quand il n’y a pas de vent, circuit court quand le vent est fort (le vent de face freine votre progression au sol). Par vent de travers, gardez le visuel sur votre trajectoire et compensez la dérive dans le sens contraire — évitez le « réflexe de terrien ». Pendant tout le circuit, la consigne de sécurité prime : surveillez en permanence les autres voiles, leur position et votre altimètre.
Le posé
Le posé se fait sur un axe dégagé d’obstacle, face au vent, sur une trajectoire symétrique. Le geste clé est l’arrondi : on abaisse les deux commandes pour freiner la voile juste avant le contact. Quelques repères :
| Repère | Consigne |
|---|---|
| L’arrondi | Entre 2 et 3 m du sol : freinage progressif, à fond, bras tendus — les voiles école sont conçues pour un arrondi complet |
| La réception | Jambes souples (jamais raides), mains devant soi |
| Le timing | Commencé trop haut : on ralentit le geste ou on maintient l’arrondi jusqu’au sol |
| Le sens du posé | Respecter le sens indiqué par la flèche au sol (devant la zone technique) |
Si le vent n’est pas parfaitement de face : par vent de travers, on compense par un arrondi légèrement dissymétrique ; par vent dans le dos, on arrive plus vite, donc on arrondit un peu plus tard. Règle absolue près du sol : pas de virage fort. En cas de besoin, on préfère un léger virage à plat.
Les règles de priorité sous voile
Plusieurs voiles partagent le même ciel. Quelques règles évitent les collisions :
| Situation | Règle |
|---|---|
| Face à face | Chacun tourne à droite |
| Trajectoires convergentes | On dégage à l’opposé de l’autre |
| Priorité | À la voile qui est devant et/ou en dessous |
| Dans un nuage (visibilité réduite) | On tourne à droite jusqu’à revoir le terrain ; on ne fait confiance à personne |
L’ennemi du parachutiste, c’est la panique. La bonne réponse est toujours la même : rester calme le plus possible et garder un visuel sur sa trajectoire.
Se poser hors de la zone prévue
Il arrive qu’on ne puisse pas rejoindre le terrain : après une procédure de secours, une ouverture trop longue, un largage trop long ou à cause de la météo. Le principe de décision : choisir le plus tôt possible, idéalement avant 500 m — plus on décide tôt, plus on a de temps pour viser une zone dégagée. Et retenez la règle : quand il y a un doute, il n’y a plus de doute.
| Repère | Consigne |
|---|---|
| La zone choisie | Dégagée et la plus grande possible, avec la plus grande longueur devant soi, si possible face au vent (pas obligatoire) |
| L’approche | On transpose un circuit PTU vers la zone choisie (pas obligatoire) ; les obstacles doivent être en parallèle de la finale, jamais en face |
| Le pilotage | Se mettre en demi-frein : tout ira moins vite |
| L’arrondi | Seulement jusqu’au nombril — dans une zone inconnue, on évite tout risque de décrochage |
| Obstacle | Conduite |
|---|---|
| Dans les arbres | Arrondir à la cime et prendre une position qui protège le corps |
| Dans l’eau | Déconnecter le LOR, puis libérer la voile quand les pieds touchent l’eau |
| Lignes électriques | Les éviter au maximum, ou se positionner parallèlement aux câbles |
Ce qu’il faut retenir
- Une voile vole grâce à sa vitesse ; on pilote avec deux commandes.
- On teste le vent dès l’ouverture, puis on gère sa hauteur en zone d’évolution.
- Le circuit PTU = vent arrière → base → finale, pour se poser face au vent.
- L’arrondi se déclenche entre 2 et 3 m du sol, à fond, bras tendus ; réception jambes souples, sans virage fort près du sol.
Le pilotage sous voile s’apprend saut après saut. Poursuivez la révision avec la dernière étape, la sécurité :
À lire ensuite La procédure de secours (PDS) : gérer un incident sous voileRevoyez la position de chute libre ou reprenez l’ensemble dans notre mémo de révision d’un saut en PAC. Pour vous former, découvrez le stage PAC.
Questions fréquentes sur le circuit PTU
Que veut dire PTU en parachutisme ?
PTU signifie « prise de terrain en U ». C’est le circuit d’atterrissage en forme de U qui enchaîne trois branches — le vent arrière, la base et la finale — pour amener le parachutiste à se poser face au vent, sur un axe dégagé, en limitant les risques de collision.
Pourquoi atterrit-on face au vent ?
Parce que le vent de face réduit votre vitesse par rapport au sol. Se poser face au vent, c’est toucher le sol à la vitesse la plus faible possible, ce qui rend la réception plus douce et plus sûre. C’est pour cela que tout le circuit PTU est orienté par la direction du vent.
Qu’est-ce que l’arrondi à l’atterrissage ?
L’arrondi est le geste qui consiste à abaisser progressivement les deux commandes entre 2 et 3 m du sol, pour freiner la voile et « casser » la vitesse. Sur une voile école, on arrondit à fond, bras tendus : ces voiles sont conçues pour un arrondi complet. La réception se fait jambes souples.
Circuit court ou circuit long : quelle différence ?
La longueur du circuit s’adapte au vent. Par vent fort, on fait un circuit court, car le vent de face freine fortement la progression en finale. Par vent faible ou nul, on allonge le circuit pour perdre la hauteur nécessaire avant de se poser.
Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.