Parachute extracteur pilote — déclenche le déploiement de la voilure principale
Parachutisme

Le petit parachute extracteur, c’est quoi ?

Par , chef moniteur — formateur FFP Mis à jour le 10 juin 2026 7 min de lecture 1 250 mots

Le petit parachute extracteur (ou « pilote ») est le déclencheur de toute l’ouverture. C’est une petite voile qui attrape l’air, se gonfle, et tire la voilure principale hors de son sac. Sans lui, rien ne se déploie. Minuscule comparé à la voile qu’il met en route, l’extracteur est pourtant un maillon essentiel de la chaîne d’ouverture. Voici comment il fonctionne, ses différents types et pourquoi son entretien compte autant.

Comment fonctionne l’extracteur

Sur un équipement moderne, l’extracteur de la voile principale est jeté à la main. La séquence est mécanique et rapide :

  1. Le parachutiste lance l’extracteur souple dans le flux d’air, à côté de lui.
  2. L’extracteur se gonfle et prend appui dans l’air.
  3. Par sa drisse (la sangle qui le relie au sac), il extrait une broche qui verrouillait le container.
  4. Le container s’ouvre ; l’extracteur tire alors le sac de déploiement, ce qui met les suspentes en tension et déploie la voile.

Tout cela prend une poignée de secondes. L’extracteur ne « tire » pas la voile par la force : il crée une traînée suffisante pour déverrouiller le système et amorcer un déploiement ordonné, sans à-coup.

Où l’extracteur est-il rangé ?

Sur la plupart des équipements modernes, l’extracteur principal est plié dans une poche élastique en bas du sac (le « BOC », pour bottom of container). Le parachutiste y glisse la main, saisit la poignée d’extracteur et le lance dans l’air. Ce geste, simple, est répété des dizaines de fois au sol avant les premiers sauts en autonomie, jusqu’à devenir un réflexe — c’est l’un des fondamentaux appris en stage PAC.

Les différents types d’extracteur

  • Extracteur jeté à la main (« throw-out ») : le standard sur la voile principale. Le parachutiste le saisit dans un petit logement et le lance dans l’air.
  • Extracteur à ressort : compressé dans le container, il jaillit tout seul dès que le container s’ouvre. C’est le système de la voilure de secours — il fonctionne sans aucune action, même si le parachutiste est inconscient.
  • Ouverture automatique par sangle (SOA) : pour certains tout premiers sauts en méthode traditionnelle, une sangle accrochée dans l’avion ouvre le container automatiquement à la sortie. La voile s’ouvre toujours, sans geste de l’élève.

L’extracteur jeté à la main existe lui-même en deux variantes : le « throw-out » (rangé dans la poche du bas et lancé — de loin le plus répandu) et le « pull-out » (le parachutiste tire une poignée qui dégage la broche puis libère l’extracteur). Les deux reposent sur le même principe : créer de la traînée pour déverrouiller le container. Ce système jeté à la main s’est généralisé dans les années 1970-80 et équipe aujourd’hui la quasi-totalité des voiles sport.

L’extracteur escamotable (kill-line)

Une fois la voile ouverte, un extracteur qui resterait gonflé dans le sillage créerait de la traînée et des oscillations — il « tirerait » en permanence derrière la voile. La solution : l’extracteur escamotable, équipé d’une « kill-line ». Dès que la voile s’épanouit, ce dispositif dégonfle l’extracteur et le rend inerte, pour un vol propre et stable.

Cela impose un point d’entretien important : la kill-line rétrécit avec le temps. Il faut donc « réarmer » (recharger) l’extracteur à chaque pliage. Un extracteur non réarmé reste dégonflé et perd de son efficacité : c’est l’une des causes d’une ouverture hésitante (l’extracteur « traîne » sans déverrouiller franchement). Vérifier que l’extracteur est bien armé fait partie des contrôles de base avant le pliage et le saut.

De quoi est fait un extracteur ?

Un extracteur combine généralement une partie en tissu plein (pour capter l’air) et une couronne en filet (mesh) qui le stabilise et évite qu’il n’oscille dans le sillage. Sa taille est calculée : trop petit, il extrait mal ; trop grand, il provoque des ouvertures trop brusques. Il est relié au sac par sa drisse, dont la longueur est, elle aussi, étudiée pour sortir l’extracteur du sillage du corps avant qu’il ne prenne l’air.

L’extracteur de la voilure de secours

Sur la voile de secours, pas de geste à faire : l’extracteur est à ressort. Dès que le container de secours s’ouvre — que ce soit par la poignée de secours, par le déclencheur automatique (DAA) ou par le RSL —, il jaillit instantanément pour aller chercher l’air et tirer la voile de secours hors de son sac. C’est l’un des éléments qui rendent ce système si fiable : il fonctionne mécaniquement, sans dépendre de l’état du parachutiste.

Et en saut tandem ? Le « drogue »

Le saut en tandem utilise un extracteur particulier : le drogue (parachute de stabilisation). Déployé par le moniteur quelques secondes après la sortie, il stabilise le duo et régule sa vitesse de chute libre — sans lui, deux personnes attachées tomberaient trop vite. À l’altitude d’ouverture, c’est lui qui sert d’extracteur pour déployer la grande voile tandem. Là encore, le passager n’a rien à gérer : tout est piloté par le moniteur.

L’extracteur « en remorque » : un incident rare

Il arrive, très rarement, que l’extracteur soit sorti et gonflé mais que le container ne s’ouvre pas (boucle de fermeture trop serrée, accrochage…). On parle d’extracteur « en remorque » (pilot chute in tow). Comme tout incident d’ouverture, il se résout par la procédure de secours, dont l’extracteur à ressort est totalement indépendant. Le détail des procédures est dans que se passe-t-il si un parachute ne s’ouvre pas ?.

Entretien et contrôle

L’extracteur est inspecté à chaque pliage : on vérifie l’état du tissu et du filet, la solidité de la drisse et de ses coutures, et — pour le modèle escamotable — que la kill-line n’est pas trop courte et que l’extracteur est bien armé. Côté secours, c’est le plieur agréé qui contrôle le ressort et le bon fonctionnement à chaque pliage annuel. Un extracteur abîmé ou fatigué se remplace : c’est une petite pièce, mais elle conditionne toute l’ouverture.

Les autres équipements du parachutiste

Questions fréquentes sur l’extracteur

Quelle est la différence entre l’extracteur principal et celui de secours ?

L’extracteur de la voile principale est, sur un équipement moderne, jeté à la main par le parachutiste. Celui de la voile de secours est à ressort : il jaillit tout seul dès que le container de secours s’ouvre, sans aucune action. C’est cette différence qui permet au secours de fonctionner même si le parachutiste est incapable d’agir.

Que se passe-t-il si l’extracteur ne fonctionne pas ?

Une ouverture hésitante (souvent due à un extracteur escamotable non réarmé) se traite par la procédure d’urgence : largage de la principale puis ouverture du secours, dont l’extracteur à ressort est indépendant. Voir que se passe-t-il si un parachute ne s’ouvre pas ?.

En tandem, qui gère l’extracteur ?

Le moniteur. En saut en tandem, c’est lui qui déploie la voile principale au moment voulu et qui gère tout l’équipement. Le passager n’a aucun geste technique à faire.

Faut-il « réarmer » l’extracteur à chaque saut ?

Sur un extracteur escamotable (kill-line), oui : à chaque pliage, on recharge le système pour qu’il puisse de nouveau dégonfler l’extracteur une fois la voile ouverte. Un extracteur non réarmé peut provoquer une ouverture hésitante. C’est une vérification systématique au pliage.

Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.

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