Moniteur et élève face à face en chute libre : le moniteur communique par signes de la main
Parachutisme

Les signes de communication en chute libre : le code du moniteur en PAC

Par , chef moniteur — formateur FFP 9 min de lecture 1 664 mots

En chute libre, on ne s’entend pas : le vent à près de 200 km/h couvre la voix. Le moniteur communique donc avec l’élève par signes de la main, et l’élève exécute sans répondre. Voici les 15 signes que nous utilisons en PAC, en photos et en vidéos, avec ce que vous devez faire pour chacun.

L’essentiel en 30 secondes

  • Pas de parole en chute : tout passe par des signes de la main.
  • 15 signes en 4 familles : position, altitude et ouverture, exercices, fin de saut.
  • Vous ne répondez pas : vous corrigez ou vous exécutez tout de suite.
  • En temps normal, vous ouvrez seul entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre le moniteur.
  • « Ouverture immédiate » passe avant tout le reste.
  • Les signes s’apprennent au sol, au briefing, avant le saut.

Pourquoi communique-t-on par signes en chute libre ?

  • Le bruit : à près de 200 km/h, le vent et le casque couvrent la voix, même en criant.
  • La rapidité : un signe se lit d’un coup d’œil, il n’y a pas le temps pour une explication.
  • Une base commune : les signes les plus utilisés sont ceux du manuel Notions de base de la Fédération française de parachutisme. Chaque moniteur peut en ajouter, qu’il vous montre au briefing.
  • Un apprentissage au sol : comme le reste du saut, par la simulation, la répétition, puis l’automatisme.

En chute, le moniteur dispose de trois moyens pour vous guider :

MoyenComment ça se passe
Le signe de la mainFait dans votre champ de vision. Vous corrigez aussitôt, sans répondre.
L’intervention directeLe moniteur replace lui-même un bras ou une jambe.
La tenue au premier sautLes deux moniteurs vous tiennent à la sortie de l’avion. L’un vous lâche dès que vous êtes stable, puis tous les deux vous reprennent pour l’ouverture.

Les 4 familles de signes

FamilleÀ quoi elle sertSignes
PositionCorriger la cambrureCambre, tends les jambes, plie les jambes, resserre les jambes, détends-toi
Altitude et ouvertureSurveiller la hauteur, répéter le geste d’ouverture, ouvrir tout de suite si besoinLis ton altimètre, poignée témoin, ouverture immédiate
ExercicesLancer l’exercice prévu au briefingTour droit, tour gauche, loop avant, loop arrière, tonneau, flèche
Après la PACSe séparer avant l’ouverture, en saut à plusieursFin de saut

Quels signes corrigent la position ?

Ce sont les signes les plus fréquents. Chacun corrige un détail de la position cambrée, que nous détaillons dans notre article sur la position de chute libre.

Signe « cambre » en chute libre : poing fermé, pouce vers le bas

Cambre

Poing fermé, pouce vers le bas.

Vous : poussez le bassin vers l’avant pour cambrer davantage.

Signe « cambre » en chute libre (variante) : main à plat, doigts relevés

Cambre (autre variante)

Main à plat, doigts relevés. Même sens que le pouce vers le bas.

Vous : cambrez davantage.

Signe « tends les jambes » en chute libre : index et majeur tendus

Tends les jambes

Index et majeur tendus.

Vous : allongez les jambes, pointes de pieds tendues.

Signe « plie les jambes » en chute libre : doigts repliés vers le haut

Plie les jambes

Doigts repliés vers le haut.

Vous : pliez légèrement les jambes.

Signe « resserre les jambes » en chute libre : doigts refermés sur le pouce

Resserre les jambes

Les doigts s’écartent du pouce puis se referment.

Vous : rapprochez les jambes ou les genoux : à la largeur des épaules, pas plus.

Signe « détends-toi » en chute libre : pouce et auriculaire tendus

Détends-toi

Pouce et auriculaire tendus.

Vous : relâchez les épaules et les bras.

Quels signes concernent l’altitude et l’ouverture ?

  • Ces signes touchent directement à la sécurité.
  • En temps normal, vous ouvrez seul : vous surveillez votre altimètre et vous ouvrez entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur.
  • « Ouverture immédiate » ne se discute pas : même si vous pensez avoir encore de la hauteur, vous ouvrez.
Signe « lis ton altimètre » en chute libre : cercle formé par le pouce et l'index

Lis ton altimètre

Cercle formé par le pouce et l’index, comme le cadran de l’altimètre. Le moniteur peut aussi montrer son propre altimètre.

Vous : lisez votre altimètre et reprenez conscience de la hauteur.

Signe « poignée témoin » en chute libre : poing fermé

Poignée témoin

Poing fermé.

Vous : allez toucher la poignée d’extracteur sans la tirer, puis revenez en position.

Ouverture immédiate

Index pointé vers vous.

Vous : ouvrez tout de suite.

Le moniteur ne fait le signe « ouverture immédiate » que dans deux cas :

SituationCe qui se passe
Vous êtes en retard sur l’ouvertureLa hauteur d’ouverture est atteinte et vous n’avez pas encore ouvert : vous ouvrez tout de suite.
Il faut ouvrir plus haut, par sécuritéPar exemple, vous êtes loin du terrain d’atterrissage : on vous demande d’ouvrir avant la hauteur habituelle.

Pour revoir l’altimètre et le geste d’ouverture, reportez-vous à notre mémo de révision d’un saut en PAC.

Quels signes lancent les exercices ?

  • Les exercices sont prévus au briefing et se font au-dessus de 2 000 m.
  • Le signe donne le départ : vous faites l’exercice maintenant.
  • Loops et tonneau sont des déséquilibres volontaires : ils vous apprennent à retrouver la position stable.
  • La flèche vous fait prendre la dérive pour avancer à l’horizontale. Elle prépare la séparation des sauts à plusieurs.

Tour droit

Poing vers le bas, pouce pointé vers la droite.

Vous : tournez à droite, de l’amplitude prévue au briefing.

Tour gauche

Poing vers le bas, pouce pointé vers la gauche.

Vous : tournez à gauche, de l’amplitude prévue au briefing.

Loop avant

Les deux index tournent l’un autour de l’autre.

Vous : faites un loop avant, puis revenez à plat, stable.

Loop arrière

Même geste, dans l’autre sens de rotation.

Vous : faites un loop arrière, puis revenez à plat, stable.

Tonneau

La main se retourne, du dos vers la paume.

Vous : faites un tonneau, puis revenez à plat, stable.

Flèche

Main à plat qui se lève puis redescend.

Vous : prenez la position de dérive, bras le long du corps, pour avancer à l’horizontale.

Après la PAC : le signe « fin de saut »

  • Une fois autonome, vous sautez à plusieurs : en vol relatif (brevet B2) ou en free fly (brevet B4).
  • Les signes restent le langage commun en chute.
  • La fin de saut déclenche la séparation : chacun prend la dérive pour s’éloigner des autres avant d’ouvrir.
  • La dérive travaillée dès la PAC, avec le signe « flèche », prépare ce moment.
Signe « fin de saut » en chute libre : avant-bras croisés en X

Fin de saut

Avant-bras croisés en X.

Vous : séparation immédiate : prenez tout de suite la dérive pour vous éloigner des autres avant d’ouvrir.

Pour découvrir ces disciplines, voyez les disciplines après le brevet A et les brevets de parachutisme.

Récapitulatif : les 15 signes en un tableau

SigneGeste du moniteurCe que vous faites
CambrePouce vers le bas, ou main à platCambrer davantage
Tends les jambesIndex et majeur tendusAllonger les jambes
Plie les jambesDoigts repliés vers le hautPlier légèrement les jambes
Resserre les jambesDoigts qui se referment sur le pouceRapprocher les jambes
Détends-toiPouce et auriculaire tendusRelâcher épaules et bras
Lis ton altimètreCercle pouce-indexLire l’altimètre
Poignée témoinPoing ferméToucher la poignée sans la tirer
Ouverture immédiateIndex pointé vers vousOuvrir tout de suite
Tour droitPouce vers la droiteTourner à droite
Tour gauchePouce vers la gaucheTourner à gauche
Loop avantIndex qui tournent l’un autour de l’autreFaire un loop avant
Loop arrièreMême geste, dans l’autre sensFaire un loop arrière
TonneauMain qui se retourneFaire un tonneau
FlècheMain à plat qui se lèvePrendre la dérive
Fin de sautAvant-bras croisés en XSe séparer tout de suite

Ce qu’il faut retenir

  • Vous ne répondez pas au signe : vous exécutez.
  • En temps normal, vous ouvrez seul entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur.
  • « Ouverture immédiate » (retard sur l’ouverture, ou ouverture plus haute par sécurité) est prioritaire sur tout le reste.
  • Les signes de position sont les plus fréquents : ils corrigent la cambrure.
  • Les signes d’exercices donnent le départ d’un exercice prévu au briefing.
  • Les signes s’apprennent et se répètent au sol ; votre moniteur vous présente ses variantes au briefing.

Ces signes corrigent avant tout votre position. Pour la revoir en détail :

À lire ensuite La position de chute libre : la cambrure expliquée

Vous retrouvez toutes les phases du saut dans notre mémo de révision d’un saut en PAC. Pour vous former à Pujaut, découvrez le stage PAC ou commencez par un saut d’initiation.

Questions fréquentes sur les signes en chute libre

Peut-on se parler en chute libre ?

Non. À près de 200 km/h, le vent couvre la voix, même en criant. C’est pour cela que le moniteur et l’élève communiquent par signes de la main, appris au sol avant le saut.

Combien y a-t-il de signes en PAC ?

Une quinzaine. Nous en utilisons 15, répartis en quatre familles : position, altitude et ouverture, exercices, et fin de saut pour les sauts à plusieurs.

Faut-il connaître les signes avant son premier saut ?

Non. Vous les apprenez pendant la formation au sol, avec le reste du saut, et vous les répétez en simulation. Cet article sert à les réviser avant de remonter dans l’avion.

Faut-il répondre au moniteur ?

Non. Vous exécutez simplement la correction ou l’exercice demandé : le moniteur voit tout de suite que le message est passé.

Faut-il attendre le signe du moniteur pour ouvrir ?

Non. En temps normal, vous surveillez votre altimètre et vous ouvrez de vous-même entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur. Le signe « ouverture immédiate » ne sert que dans deux cas : vous êtes en retard sur l’ouverture, ou, pour des raisons de sécurité, il faut ouvrir plus haut, par exemple si vous êtes loin du terrain d’atterrissage.

Les signes sont-ils les mêmes dans toutes les écoles ?

La base est commune : les signes les plus utilisés sont ceux du manuel de la Fédération française de parachutisme. Chaque moniteur peut en utiliser d’autres ; il vous les présente au briefing.

Le moniteur peut-il vous toucher en chute libre ?

Oui. Il peut replacer un bras ou une jambe. Au premier saut, les deux moniteurs vous tiennent à la sortie de l’avion, l’un vous lâche dès que vous êtes stable, puis tous les deux vous reprennent pour l’ouverture.

Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.

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