En chute libre, on ne s’entend pas : le vent à près de 200 km/h couvre la voix. Le moniteur communique donc avec l’élève par signes de la main, et l’élève exécute sans répondre. Voici les 15 signes que nous utilisons en PAC, en photos et en vidéos, avec ce que vous devez faire pour chacun.
L’essentiel en 30 secondes
- Pas de parole en chute : tout passe par des signes de la main.
- 15 signes en 4 familles : position, altitude et ouverture, exercices, fin de saut.
- Vous ne répondez pas : vous corrigez ou vous exécutez tout de suite.
- En temps normal, vous ouvrez seul entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre le moniteur.
- « Ouverture immédiate » passe avant tout le reste.
- Les signes s’apprennent au sol, au briefing, avant le saut.
Pourquoi communique-t-on par signes en chute libre ?
- Le bruit : à près de 200 km/h, le vent et le casque couvrent la voix, même en criant.
- La rapidité : un signe se lit d’un coup d’œil, il n’y a pas le temps pour une explication.
- Une base commune : les signes les plus utilisés sont ceux du manuel Notions de base de la Fédération française de parachutisme. Chaque moniteur peut en ajouter, qu’il vous montre au briefing.
- Un apprentissage au sol : comme le reste du saut, par la simulation, la répétition, puis l’automatisme.
En chute, le moniteur dispose de trois moyens pour vous guider :
| Moyen | Comment ça se passe |
|---|---|
| Le signe de la main | Fait dans votre champ de vision. Vous corrigez aussitôt, sans répondre. |
| L’intervention directe | Le moniteur replace lui-même un bras ou une jambe. |
| La tenue au premier saut | Les deux moniteurs vous tiennent à la sortie de l’avion. L’un vous lâche dès que vous êtes stable, puis tous les deux vous reprennent pour l’ouverture. |
Les 4 familles de signes
| Famille | À quoi elle sert | Signes |
|---|---|---|
| Position | Corriger la cambrure | Cambre, tends les jambes, plie les jambes, resserre les jambes, détends-toi |
| Altitude et ouverture | Surveiller la hauteur, répéter le geste d’ouverture, ouvrir tout de suite si besoin | Lis ton altimètre, poignée témoin, ouverture immédiate |
| Exercices | Lancer l’exercice prévu au briefing | Tour droit, tour gauche, loop avant, loop arrière, tonneau, flèche |
| Après la PAC | Se séparer avant l’ouverture, en saut à plusieurs | Fin de saut |
Quels signes corrigent la position ?
Ce sont les signes les plus fréquents. Chacun corrige un détail de la position cambrée, que nous détaillons dans notre article sur la position de chute libre.

Cambre
Poing fermé, pouce vers le bas.
Vous : poussez le bassin vers l’avant pour cambrer davantage.

Cambre (autre variante)
Main à plat, doigts relevés. Même sens que le pouce vers le bas.
Vous : cambrez davantage.

Tends les jambes
Index et majeur tendus.
Vous : allongez les jambes, pointes de pieds tendues.

Plie les jambes
Doigts repliés vers le haut.
Vous : pliez légèrement les jambes.

Resserre les jambes
Les doigts s’écartent du pouce puis se referment.
Vous : rapprochez les jambes ou les genoux : à la largeur des épaules, pas plus.

Détends-toi
Pouce et auriculaire tendus.
Vous : relâchez les épaules et les bras.
Quels signes concernent l’altitude et l’ouverture ?
- Ces signes touchent directement à la sécurité.
- En temps normal, vous ouvrez seul : vous surveillez votre altimètre et vous ouvrez entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur.
- « Ouverture immédiate » ne se discute pas : même si vous pensez avoir encore de la hauteur, vous ouvrez.

Lis ton altimètre
Cercle formé par le pouce et l’index, comme le cadran de l’altimètre. Le moniteur peut aussi montrer son propre altimètre.
Vous : lisez votre altimètre et reprenez conscience de la hauteur.

Poignée témoin
Poing fermé.
Vous : allez toucher la poignée d’extracteur sans la tirer, puis revenez en position.
Ouverture immédiate
Index pointé vers vous.
Vous : ouvrez tout de suite.
Le moniteur ne fait le signe « ouverture immédiate » que dans deux cas :
| Situation | Ce qui se passe |
|---|---|
| Vous êtes en retard sur l’ouverture | La hauteur d’ouverture est atteinte et vous n’avez pas encore ouvert : vous ouvrez tout de suite. |
| Il faut ouvrir plus haut, par sécurité | Par exemple, vous êtes loin du terrain d’atterrissage : on vous demande d’ouvrir avant la hauteur habituelle. |
Pour revoir l’altimètre et le geste d’ouverture, reportez-vous à notre mémo de révision d’un saut en PAC.
Quels signes lancent les exercices ?
- Les exercices sont prévus au briefing et se font au-dessus de 2 000 m.
- Le signe donne le départ : vous faites l’exercice maintenant.
- Loops et tonneau sont des déséquilibres volontaires : ils vous apprennent à retrouver la position stable.
- La flèche vous fait prendre la dérive pour avancer à l’horizontale. Elle prépare la séparation des sauts à plusieurs.
Tour droit
Poing vers le bas, pouce pointé vers la droite.
Vous : tournez à droite, de l’amplitude prévue au briefing.
Tour gauche
Poing vers le bas, pouce pointé vers la gauche.
Vous : tournez à gauche, de l’amplitude prévue au briefing.
Loop avant
Les deux index tournent l’un autour de l’autre.
Vous : faites un loop avant, puis revenez à plat, stable.
Loop arrière
Même geste, dans l’autre sens de rotation.
Vous : faites un loop arrière, puis revenez à plat, stable.
Tonneau
La main se retourne, du dos vers la paume.
Vous : faites un tonneau, puis revenez à plat, stable.
Flèche
Main à plat qui se lève puis redescend.
Vous : prenez la position de dérive, bras le long du corps, pour avancer à l’horizontale.
Après la PAC : le signe « fin de saut »
- Une fois autonome, vous sautez à plusieurs : en vol relatif (brevet B2) ou en free fly (brevet B4).
- Les signes restent le langage commun en chute.
- La fin de saut déclenche la séparation : chacun prend la dérive pour s’éloigner des autres avant d’ouvrir.
- La dérive travaillée dès la PAC, avec le signe « flèche », prépare ce moment.

Fin de saut
Avant-bras croisés en X.
Vous : séparation immédiate : prenez tout de suite la dérive pour vous éloigner des autres avant d’ouvrir.
Pour découvrir ces disciplines, voyez les disciplines après le brevet A et les brevets de parachutisme.
Récapitulatif : les 15 signes en un tableau
| Signe | Geste du moniteur | Ce que vous faites |
|---|---|---|
| Cambre | Pouce vers le bas, ou main à plat | Cambrer davantage |
| Tends les jambes | Index et majeur tendus | Allonger les jambes |
| Plie les jambes | Doigts repliés vers le haut | Plier légèrement les jambes |
| Resserre les jambes | Doigts qui se referment sur le pouce | Rapprocher les jambes |
| Détends-toi | Pouce et auriculaire tendus | Relâcher épaules et bras |
| Lis ton altimètre | Cercle pouce-index | Lire l’altimètre |
| Poignée témoin | Poing fermé | Toucher la poignée sans la tirer |
| Ouverture immédiate | Index pointé vers vous | Ouvrir tout de suite |
| Tour droit | Pouce vers la droite | Tourner à droite |
| Tour gauche | Pouce vers la gauche | Tourner à gauche |
| Loop avant | Index qui tournent l’un autour de l’autre | Faire un loop avant |
| Loop arrière | Même geste, dans l’autre sens | Faire un loop arrière |
| Tonneau | Main qui se retourne | Faire un tonneau |
| Flèche | Main à plat qui se lève | Prendre la dérive |
| Fin de saut | Avant-bras croisés en X | Se séparer tout de suite |
Ce qu’il faut retenir
- Vous ne répondez pas au signe : vous exécutez.
- En temps normal, vous ouvrez seul entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur.
- « Ouverture immédiate » (retard sur l’ouverture, ou ouverture plus haute par sécurité) est prioritaire sur tout le reste.
- Les signes de position sont les plus fréquents : ils corrigent la cambrure.
- Les signes d’exercices donnent le départ d’un exercice prévu au briefing.
- Les signes s’apprennent et se répètent au sol ; votre moniteur vous présente ses variantes au briefing.
Ces signes corrigent avant tout votre position. Pour la revoir en détail :
À lire ensuite La position de chute libre : la cambrure expliquéeVous retrouvez toutes les phases du saut dans notre mémo de révision d’un saut en PAC. Pour vous former à Pujaut, découvrez le stage PAC ou commencez par un saut d’initiation.
Questions fréquentes sur les signes en chute libre
Peut-on se parler en chute libre ?
Non. À près de 200 km/h, le vent couvre la voix, même en criant. C’est pour cela que le moniteur et l’élève communiquent par signes de la main, appris au sol avant le saut.
Combien y a-t-il de signes en PAC ?
Une quinzaine. Nous en utilisons 15, répartis en quatre familles : position, altitude et ouverture, exercices, et fin de saut pour les sauts à plusieurs.
Faut-il connaître les signes avant son premier saut ?
Non. Vous les apprenez pendant la formation au sol, avec le reste du saut, et vous les répétez en simulation. Cet article sert à les réviser avant de remonter dans l’avion.
Faut-il répondre au moniteur ?
Non. Vous exécutez simplement la correction ou l’exercice demandé : le moniteur voit tout de suite que le message est passé.
Faut-il attendre le signe du moniteur pour ouvrir ?
Non. En temps normal, vous surveillez votre altimètre et vous ouvrez de vous-même entre 1 700 et 1 500 m, sans attendre l’accord du moniteur. Le signe « ouverture immédiate » ne sert que dans deux cas : vous êtes en retard sur l’ouverture, ou, pour des raisons de sécurité, il faut ouvrir plus haut, par exemple si vous êtes loin du terrain d’atterrissage.
Les signes sont-ils les mêmes dans toutes les écoles ?
La base est commune : les signes les plus utilisés sont ceux du manuel de la Fédération française de parachutisme. Chaque moniteur peut en utiliser d’autres ; il vous les présente au briefing.
Le moniteur peut-il vous toucher en chute libre ?
Oui. Il peut replacer un bras ou une jambe. Au premier saut, les deux moniteurs vous tiennent à la sortie de l’avion, l’un vous lâche dès que vous êtes stable, puis tous les deux vous reprennent pour l’ouverture.
Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.