Parachutiste équipé mimant la position de chute libre cambrée (box) à son bureau
Parachutisme

La position de chute libre : le « cambré » expliqué

Par , chef moniteur — formateur FFP Mis à jour le 10 juillet 2026 5 min de lecture 872 mots

La position de chute libre en parachutisme, c’est le « cambré » : bassin en avant, dos creusé, bras et jambes écartés et relâchés, tête relevée. Cette position en forme d’arc vous place face au sol, symétrique et stable, comme posé sur un coussin d’air. C’est la position de référence de la PAC : elle vous rend stable et disponible pour lire votre altimètre et réaliser vos exercices. Voici comment la construire, partie du corps par partie du corps.

Pourquoi le cambré rend stable

En chute libre, vous êtes porté par un flux d’air d’environ 200 km/h. Comme un volant de badminton, un corps cambré présente son centre de gravité vers le bas et se stabilise naturellement, face au sol. À l’inverse, un corps enroulé ou raide bascule. Le cambré n’est donc pas esthétique : c’est ce qui vous donne une sensation d’équilibre et vous laisse l’esprit libre.

Notre règle de progression tient en trois mots, dans cet ordre : relâchement, stabilité, lucidité. On cherche d’abord à se relâcher ; la stabilité en découle ; et une fois stable, on redevient lucide pour agir.

La bonne position, partie par partie

Position de chute libre — le cambré (vue de dessus) Tête relevée, regard horizon Bras écartés & relâchés Bassin en avant (cambré) Jambes à largeur d’épaules
La position de référence, vue de dessus : bras et jambes symétriques, jambes écartées à la largeur des épaules.
Partie du corpsPosition à adopter
Le bassinPoussé en avant — c’est le moteur du cambré et la source de la sensation d’équilibre
Les jambesAllongées et légèrement fléchies, écartées à la largeur des épaules, pointes de pieds tendues
Les brasÉcartés et relâchés, au niveau des épaules, avant-bras remontés
La têteRelevée et mobile, regard vers l’horizon (jamais le sol) — c’est elle qui « ouvre » le cambré et favorise une bonne visualisation

Le point d’attention n°1 : la tonicité. Une position se tient — un corps mou se déforme et part en rotation. Vous cherchez un juste milieu : relâché mais tonique, symétrique à gauche comme à droite.

Les exercices en chute

Une fois stable, chaque saut comporte des exercices qui construisent votre autonomie. Ils s’enchaînent selon un rythme précis, toujours au-dessus de 2 600 m :

ExerciceObjectif
Les déséquilibres (dos, loopings, tonneaux)Apprendre à revenir à la position stable
Les rotations (à droite et à gauche)Tourner sur soi-même (360°) et contrôler sa direction
1 à 2 poignées témoinRépéter à blanc le geste de prise de la poignée d’extracteur
La lecture de l’altimètreGarder conscience de la hauteur entre chaque exercice

Les exercices se terminent vers 2 000 m. On se replace alors en position stable et on se prépare à l’ouverture. Avant chaque saut, la règle est la même : simulation, répétition, automatisation — le geste se travaille au sol avant de se vivre en l’air.

De la chute à l’ouverture

L’ouverture prolonge la position. Entre 1 700 et 1 500 m, vous prenez la poignée de l’extracteur comme une poignée témoin, puis vous lâchez l’extracteur à bout de bras tendu, sans le garder dans la main et sans vriller l’épaule, en faisant un arc de cercle. La voile met environ 3 secondes à s’ouvrir complètement, soit une perte de 200 à 300 m. Vous ressentez un ralentissement progressif, puis le passage de l’horizontale à la verticale, et enfin le calme. La lecture de l’altimètre reste votre repère permanent.

Ce qu’il faut retenir

  • La position de référence est le cambré : bassin en avant, bras et jambes écartés, tête relevée.
  • Elle est symétrique et se tient avec de la tonicité.
  • Les exercices (déséquilibres, rotations, poignées témoin, lecture alti) se font au-dessus de 2 600 m et finissent vers 2 000 m.
  • On prépare chaque geste au sol : simulation, répétition, automatisation.

La position de chute est l’un des premiers acquis de la PAC. Vous continuez la révision avec l’étape suivante :

À lire ensuite Le circuit PTU : piloter sa voile et réussir son atterrissage

Vous retrouvez toutes les phases dans notre mémo de révision d’un saut en PAC. Pour vous former à Pujaut, découvrez le stage PAC.

Questions fréquentes sur la position de chute libre

Pourquoi faut-il se cambrer en chute libre ?

Parce que le cambré place votre centre de gravité vers le bas et vous stabilise face au sol, comme un volant de badminton. Un corps enroulé ou raide bascule et part en rotation. Le cambré vous donne une sensation d’équilibre et vous laisse l’esprit disponible pour vos gestes.

Où doit-on regarder pendant la chute ?

Vers l’horizon, jamais vers le sol. La tête relevée « ouvre » le cambré et maintient la bonne position. Regarder ses pieds ou le sol referme la position et déséquilibre.

Que faire si l’on part en rotation ?

On revient à une position symétrique et tonique : bras et jambes écartés à l’identique, bassin en avant. En PAC, les déséquilibres volontaires (tonneaux, passages dos) s’entraînent justement pour apprendre à retrouver la stabilité. C’est le moniteur qui vous accompagne sur les premiers sauts.

Article rédigé par Gwen, moniteur fédéral FFP — 11 000 sauts, 18 ans d’expérience à l’aérodrome de Pujaut.

Volomax — Aérodrome de Pujaut · 10 min d'Avignon

Prêt à vivre l'expérience ?

18 ans d'expérience · 11 000 sauts · 4,9 ★ sur plus de 650 avis Google