En France, on ne devient pas parachutiste autonome du jour au lendemain : la progression se fait par paliers, validés par des brevets fédéraux délivrés par les écoles agréées par la Fédération Française de Parachutisme (FFP). Du brevet A (l’autonomie) au brevet D (l’expert), voici précisément ce que chaque brevet exige et ce qu’il autorise — d’après la réglementation en vigueur (Directive Technique n°49 de la FFP, applicable au 1er avril 2026).
Comment fonctionne la progression par brevets ?
Les brevets de parachutisme sont délivrés par les écoles agréées par la FFP et inscrits sur votre carnet de sauts, validés par le directeur technique ou un moniteur. Deux méthodes mènent au premier brevet :
- la progression traditionnelle, où l’on débute par des sauts en ouverture automatique (OA) avant d’accéder à la chute libre ;
- la PAC (Progression Accompagnée en Chute), où l’on débute directement en chute libre, accompagné par des moniteurs.
Quelle que soit la méthode, l’échelle est la même : brevet A → brevet B (+ brevets de spécialité) → BPA → brevet C → brevet D. Voyons chaque palier en détail.
Le brevet A — l’autonomie en école (12 sauts minimum)
Le brevet A sanctionne votre capacité à sauter seul, sans moniteur accroché, au sein d’une école agréée. C’est le premier vrai diplôme du parachutiste, et l’objectif de la formation initiale.
- Conditions : totaliser au minimum 12 sauts en chute et valider vos capacités en chute (vous remettre à plat, tourner, lire votre altimètre, ouvrir) et sous voile (rejoindre et poser sur la zone sans assistance radio).
- Ce qu’il autorise : les sauts individuels sans assistance d’un moniteur — la présence de moniteurs dans le centre restant obligatoire.
C’est précisément l’objectif du stage PAC : vous amener jusqu’au brevet A et à l’autonomie.
Le brevet B — le parachutiste confirmé (22 sauts minimum)
- Prérequis : être titulaire du brevet A.
- Conditions : totaliser au minimum 22 sauts en chute et réussir un QCM portant sur la sécurité du largage, l’aérologie et la conduite sous voile.
- Ce qu’il autorise : pratiquer au sein d’un centre d’activité même sans moniteur sur place, et surtout accéder aux brevets de spécialité.
Les brevets de spécialité (B1 à B5) — choisir sa discipline
Une fois le brevet B en poche, on se spécialise. Chaque brevet ouvre la porte d’une discipline de loisir et de compétition :
- B1 — Précision d’atterrissage (PA) et voltige ;
- B2 — Vol relatif (sauts de groupe à plat, face au sol) ;
- B3 — Voile-contact (figures sous voiles ouvertes) ;
- Bi4 / B4 — Free fly et free style (vol tête en haut, tête en bas ou assis) ;
- Bi5 / B5 — Pilotage sous voile (PSV), pour les voiles rapides.
Les brevets « Bi » sont des paliers intermédiaires vers la spécialité complète. Pour découvrir concrètement ces disciplines et la vie de parachutiste après l’autonomie, lisez notre guide : Que faire après le brevet A ?
Le BPA — le brevet de parachutiste autonome (100 sauts minimum)
Souvent méconnu du grand public, le BPA (Brevet de Parachutiste Autonome) est pourtant une étape charnière : il marque l’autonomie complète au largage.
- Conditions : totaliser au minimum 100 sauts, être titulaire d’au moins un brevet de spécialité (B1 à B5) et être majeur(e).
- Ce qu’il autorise : coordonner les conditions du largage avec le pilote, participer aux séances de pratique autonome (sans moniteur responsable en vol), pratiquer la vidéo en chute, et accéder aux brevets C et D.
Le brevet C — l’encadrement (200 sauts minimum)
- Conditions : être titulaire du BPA, totaliser au minimum 200 sauts et être majeur(e).
- Ce qu’il autorise : effectuer les vérifications d’embarquement, encadrer à bord de l’avion (responsable en vol), encadrer en salle de pliage, et surtout accéder aux formations d’initiateur et de moniteur fédéral. C’est la porte d’entrée vers l’enseignement.
Le brevet D — l’expert (300 sauts minimum)
- Conditions : être titulaire du BPA et totaliser au minimum 300 sauts.
- Ce qu’il autorise : les sauts de démonstration hors d’une école agréée FFP et les sauts spéciaux — pour les manifestations aériennes, sous réserve de justifier 50 sauts dans les 12 derniers mois.
Au-delà des brevets : wingsuit et voilures hybrides
La FFP délivre aussi des brevets de wingsuit (3 niveaux), pour le vol en combinaison ailée, et un brevet « voilure hybride » pour les voilures à grande finesse. Ces qualifications sont réservées aux parachutistes déjà bien expérimentés.
Récapitulatif : les brevets en un coup d’œil
| Brevet | Sauts minimum | Ce qu’il autorise |
|---|---|---|
| A | 12 | Sauter seul en école agréée |
| B | 22 | Pratiquer sans moniteur sur place + spécialités |
| B1 à B5 | selon la discipline | Vol relatif, freefly, voile-contact, PSV… |
| BPA | 100 (+ 1 brevet B1–B5) | Autonomie au largage, accès aux brevets C et D |
| C | 200 (+ BPA) | Encadrement, accès initiateur / moniteur |
| D | 300 (+ BPA) | Sauts de démonstration hors école |
Par où commencer ?
Toute la progression démarre par la formation initiale jusqu’au brevet A. La voie la plus directe est le stage PAC. Pour visualiser l’ensemble du parcours, du premier saut au brevet D, consultez notre page dédiée à la formation au parachutisme.
Questions fréquentes
Combien de sauts faut-il pour obtenir le brevet A ?
Au minimum 12 sauts en chute, selon la Directive Technique n°49 de la FFP. Il faut aussi valider ses capacités en chute libre et sous voile. En pratique, c’est l’objectif atteint à l’issue d’un stage PAC complété de quelques sauts solo.
Quelle est la différence entre le brevet A et le BPA ?
Le brevet A (12 sauts) vous autorise à sauter seul au sein d’une école. Le BPA (100 sauts) marque l’autonomie au largage : vous pouvez coordonner le largage avec le pilote et sauter en séance de pratique autonome, sans moniteur responsable en vol. Le BPA ouvre aussi l’accès aux brevets C et D.
Le brevet A est-il reconnu à l’étranger ?
Oui. La FFP publie une note d’équivalence entre les brevets français et les qualifications des fédérations internationales (FAI). Avec votre brevet, vous pouvez sauter dans les centres affiliés partout dans le monde — le directeur technique du centre d’accueil pouvant demander une mise à niveau si nécessaire.
Combien de temps faut-il pour passer le brevet A ?
Cela dépend de votre rythme de sauts. En sautant régulièrement la plupart des week-ends d’une saison, la plupart des élèves obtiennent leur brevet A en quelques mois. La météo est le principal facteur — une belle saison en Provence permet d’enchaîner les sauts presque chaque week-end.
Article rédigé par Gwen, moniteur et formateur FFP (plus de 11 000 sauts). Sources : Fédération Française de Parachutisme — Directive Technique n°49 du 27 mars 2026, applicable au 1er avril 2026.
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